Comité Cicéron

Le comité Cicéron regroupe des responsables d’entreprises et d’administrations, ainsi que des artistes non conformistes.

"Satanés rêveurs rhénans", comme disent les sceptiques, nous pensons que la France et l’Allemagne peuvent à terme constituer une seule fédération. Dès à présent, il nous semble nécessaire pour la France d’adopter le droit de la nationalité allemand, pour préparer l’avenir.

Patriotes français, nous pensons que la fédération n’empêche pas et au contraire favorise la vie de la nation, en déconnectant la politique et la culture, et donc en évitant définitivement le nationalisme qui instrumentalise la culture nationale au service de l’Etat. Les dernières années ont montré en France que l’Etat tout-puissant pouvait se retourner contre la propre culture de la nation.

La constitution d’une fédération avec l’Allemagne permettra à la France de sortir de ce despotisme puissant et toujours reconstruit de l’Etat moderne : monopole de l’éducation nationale et de l’université publique depuis les années 1880, monopole de la sécurité sociale sur l’assurance maladie depuis 1945, monopole sur la construction et l’urbanisme depuis la fausse décentralisation de 1982.

En partie volontairement et en partie inconsciemment, la France mime le rêve d’un Etat qui déchargerait chacun de ses responsabilités, et organiserait ainsi sans effort, sauf celui de se soumettre totalement à lui, les services essentiels à l’épanouissement des personnes et donc de notre culture : éducation, assurance santé, construction de logements.

La France n’est pas la seule victime de cette illusion, qui a touché le Royaume-Uni des années 1960-1970, l’Allemagne des années 1980-1990. Mais elle est sans doute l’un des derniers pays d’Europe à rester bloqué dans cette idéologie qui empêche la nation de poursuivre son essor et de donner toute sa place à sa culture dans le monde moderne.

Nos propositions :

- en matière politique, la création d’une fédération franco-allemande basée sur la Constitution allemande et la Déclaration des droits de l’homme du 26 août 1789, laissant une grande partie des compétences politiques aux Etats fédérés ;

- en matière économique et sociale, la liberté de choix des personnes et des entreprises en matière d’assurance maladie de base, qui mettra fin au dilemme absurde entre des déficits abyssaux ou un rationnement insupportable de la médecine, et comme en Allemagne la mise sous condition de ressources des prestations d’assurance maladie dans un cadre européen, qui pourrait être dans un premier temps celui de la fédération franco-allemande ;

- la liberté de construction partout en dehors d’un millier de zones dont le paysage fait partie de la substance de l’identité nationale. Ces zones seront définies lors d’un débat à mener avec l’ensemble des élus et des citoyens. Toute personne ou entreprise souhaitant construire un bâtiment contenant plus de logements de surface supérieure à l’existant ne pourra en être empêché par aucune autorité. Les seules obligations seront de respecter les normes et d’assurer une concertation approfondie pendant trois mois ;

- en matière d’éducation, la liberté pour les parents d’inscrire leurs enfants dans l’école de leur choix. Tout établissement recevra le financement public prévu pour chaque élève si ses responsables et ses enseignants détiennent les diplômes, l’expérience et l’attachement aux principes républicains que sont notamment l’égalité des sexes et la liberté de conscience. Ces établissement pourront choisir pour leur pédagogie l’un des programmes adoptés par la Commission nationale des programmes depuis 1958 ;

- en matière de finances publiques, l’adoption des budgets annuels de l’Etat et des collectivités à fiscalité constante. Tout impôt nouveau devra être affecté à une politique définie et limitée dans le temps ;

- en matière administrative, une décentralisation complète mais garante de l’unité nationale, en confiant aux préfets les missions de secrétaire général des 500 "pays" qui se substitueraient aux départements et aux communes.

L’Europe d’aujourd’hui a pris une mauvaise route en inventant une monnaie et des institutions à partir de rien. Cette ébauche est pourtant prometteuse car sa portée symbolique est immense : l’Allemagne a fait un choix inouï en abandonnant le mark qui avait fait sa prospérité après la catastrophe nazie.

Comme l’Allemagne, les pays qui sauront abandonner ce qui leur est le plus cher pourront constituer l’Europe des nations : la France sa sécurité sociale, les Pays-Bas leurs importations illégales, l’Italie son travail au noir... Il s’agit ici pour chaque nation de mettre au-dessus de l’Etat national l’unité de l’Europe. Il s’agit de la corde de rappel indispensable pour libérer à nouveau les nations européennes que leurs Etats nationaux ont failli détruire au 20e siècle.

La fédération européenne s’appuiera sur une administration unifiée pour la politique extérieure, le droit de la nationalité, le droit du travail et la fiscalité, le droit pénal, et la sécurité sociale. L’objectif premier de cette fédération sera de protéger les nations européennes, dans leur culture et dans leur excellence, fidèlement à leur héritage chrétien, et de développer leur économie et leurs échanges.

Pour discuter de cela et de bien d’autres choses, n’hésitez pas à nous écrire ! Nous sommes également présents sur Le Cercle des Echos et sur Twitter.

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