Comité Cicéron

Le comité Cicéron a fait partie des "satanés rêveurs rhénans" pensant contre l’avis des sceptiques que la France et l’Allemagne pourraient constituer à terme une seule fédération. Patriotes français, nous pensons en effet que la fédération n’empêche pas et au contraire favorise la vie de la nation, en déconnectant la politique et la culture, et donc en évitant définitivement le nationalisme qui instrumentalise la culture nationale au service de l’Etat.

Les dernières années ont montré en France que l’Etat tout-puissant pouvait se retourner contre la propre culture de la nation. Mais le mal est si profond que le remède doit d’abord être cherché à l’intérieur. La construction européenne ne peut rien contre les monopoles qui ruinent notre pays, financièrement car la sécurité sociale représente plus d’argent que tous les ministères de l’Etat réunis, et moralement car l’éducation nationale est incapable d’aider les jeunes Français à trouver leur vocation.

Avant de constituer une fédération européenne, il nous faut donc rétablir les libertés fondamentales de la France : liberté scolaire, qui est la liberté pour les parents de choisir l’école de leurs enfants, la liberté pour les directeurs d’établissement d’accueillir les enfants de tous horizons et de choisir les enseignants qui les enseigneront, liberté pour les enseignants d’échapper au statut de la fonction publique ; liberté sociale : liberté pour ceux qui le peuvent d’adhérer à un autre régime que la sécurité sociale tout en continuant d’acquitter les impôts de solidarité, liberté pour les mutuelles de proposer des couvertures santé complètes, liberté pour les entreprises de choisir la caisse de sécurité sociale ou la mutuelle de leur choix pour leur assurance maladie de base ; et enfin libertés locales permettant aux maires de définir l’urbanisme de leur commune et la forme des services publics qu’ils proposent à leurs concitoyens y compris des prisons pour les petits actes de délinquance.

En partie volontairement et en partie inconsciemment, la France mime le rêve d’un Etat qui déchargerait chacun de ses responsabilités, et organiserait ainsi sans effort, sauf celui de se soumettre totalement à lui, les services essentiels à l’épanouissement des personnes et donc de notre culture : éducation, assurance santé, construction de logements.

La France n’est pas la seule victime de cette illusion, mais elle est sans doute le dernier pays d’Europe à rester bloqué dans cette idéologie qui empêche la nation de poursuivre son essor auprès de populations nouvelles et de donner toute sa place à sa culture dans le monde moderne. D’une situation difficile peut naître le meilleur : lorsque nous retrouverons nos libertés nous pourrons très rapidement sortir du faux dilemme entre populisme et démagogie et montrer la voie au reste du monde.

Nos propositions :

- en matière économique et sociale, la liberté de choix des personnes et des entreprises en matière d’assurance maladie de base, qui mettra fin au dilemme absurde entre des déficits abyssaux ou un rationnement insupportable de la médecine et permettra la suppression des charges sociales restantes sur le travail liées à l’assurance maladie et la substitution progressive de la TVA à la CSG ; un plan de soutien massif aux entreprises de moins de 20 salariés : déductions fiscales pour les résultats mis en réserve pour la retraite des salariés et des petits patrons ou en vue de la transmission de l’entreprise à un membre de la famille du patron ou à un salarié, non application de l’obligation du droit international du travail de justifier un licenciement ;

- la liberté de construction partout en dehors d’un millier de zones dont le paysage fait partie de la substance de l’identité nationale. Ces zones seront définies lors d’un débat à mener avec l’ensemble des élus et des citoyens. Toute personne ou entreprise souhaitant construire un bâtiment contenant plus de logements de surface supérieure à l’existant ne pourra en être empêché par aucune autorité. Les seules obligations seront de respecter les normes et d’assurer une concertation approfondie ;

- en matière d’éducation, la liberté pour les parents d’inscrire leurs enfants dans l’école de leur choix. Tout établissement recevra le financement public prévu pour chaque élève si ses responsables et ses enseignants détiennent les diplômes, l’expérience et l’attachement aux principes républicains que sont notamment l’égalité des sexes et la liberté de conscience. Ces établissement pourront choisir pour leur pédagogie l’un des programmes adoptés par la Commission nationale des programmes depuis 1958. Cette Commission ayant accompli sa mission sera supprimée ;

- en matière de finances publiques, l’adoption des budgets annuels de l’Etat et des collectivités à fiscalité constante. Tout impôt nouveau devra être affecté à une politique définie et limitée dans le temps ;

- en matière administrative, une décentralisation complète mais garante de l’unité nationale, en confiant aux préfets les missions de secrétaire général des régions et des départements ; la suppression de toute obligation pour les communes de se regrouper et la possibilité de se concerter dans le cadre de 500 "pays" définis par l’Etat sur la base des études économiques relatives aux bassins d’emploi.

L’Europe d’aujourd’hui a pris une mauvaise route en inventant une monnaie et des institutions à partir de rien. Cette ébauche est pourtant prometteuse car sa portée symbolique est immense : l’Allemagne a fait un choix inouï en abandonnant le mark qui avait fait sa prospérité après la catastrophe nazie.

Comme l’Allemagne, les pays qui sauront abandonner ce qui leur est le plus cher pourront constituer l’Europe des nations : la France sa sécurité sociale, les Pays-Bas leurs importations illégales, l’Italie son travail au noir... Il s’agit ici pour chaque nation de mettre au-dessus de l’Etat national l’unité de l’Europe : celle-ci devra être définie comme la protectrice des nations, en matière économique par la recherche de la concurrence loyale, en matière politique par la lutte contre les tentations monopolistiques dans les services publics.

Pour discuter de cela et de bien d’autres choses, n’hésitez pas à nous écrire ! Nous sommes également présents sur Le Cercle des Echos et sur Twitter.

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