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Multiculturalisme, métissage, et l’universel dans tout ça ?

mercredi 12 janvier 2011, par comitecic

Il semble qu’en France, où l’Etat est particulièrement présent dans le système éducatif (2/3 des enfants scolarisés le sont dans le secteur public), le problème du multiculturalisme se pose avec moins d’acuité qu’ailleurs : peut-être parce que le système scolaire a poussé très loin l’adaptation aux demandes des différentes cultures, depuis l’alimentation, jusqu’au contenu de l’enseignement. Il semble qu’il en va tout autrement dans les pays anglo-saxons, où l’enseignement privé est plus développé.

Et pourtant on critique souvent le modèle français d’intégration : tout va bien à l’école, sauf pour les enseignants, et tout se complique après, avec le chômage des "jeunes", comme si le système scolaire protégeait une utopie à la sortie de laquelle le retour à la réalité serait bien difficile.

Dans les pays anglo-saxons au contraire, la rigidité du système éducatif "traditionnel" (ou "national", qu’il soit privé ou public) rejette nombre de jeunes dans des organisations éducatives communautaires, ce qui n’empêche pas leur intégration économique. Peut-être parce qu’on y relativise le statut donné par le travail au profit du statut communautaire.

On trouve là un paradoxe révélé par l’école communautarienne qui se réclame du philosophe américain John Rawls : cette école de pensée prône la mise à l’épreuve des démocraties par les différentes cultures, de bonnes institutions démocratiques étant celles qui se révèlent bien organisées pour permettre à différentes civilisations de cohabiter en paix.

Pourtant la cohabitation des civilisations n’est pas leur mélange. On ignore trop en France que le multiculturalisme n’est pas vraiment différent du nationalisme, puisqu’il ne prône pas le mélange des cultures, à l’inverse du métissage fortement prisé en France et bien incarné dans l’imaginaire collectif par le Brésil.

Cet idéal du métissage, transposition dans la vie civile de l’adaptation du système scolaire français aux différentes identités, bute sur le risque de perte de l’identité, de la marginalisation et de la violence : le refus de l’identité nationale peut plonger une société dans le désarroi, on le voit en France, mais aussi en Hollande et dans les pays arabes ayant connu une révolution socialiste. Mais finalement le terrorisme a aussi touché les pays anglo-saxons, les pays arabes restés traditionalistes.

Alors que faire ? Comme dans tous les sujets de société, l’important est sans doute la capacité de chaque modèle à se remettre en cause, et à promouvoir un certain universalisme européen. Encore faut-il définir celui-ci.

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