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Pour en finir avec la critique de la France

jeudi 3 mars 2011, par comitecic

Nation de la critique, la France est tout à fait naturellement une nation qui se critique elle-même, comme les Etats-Unis d’ailleurs. D’autres nations se moquent d’elles-mêmes, comme la Belgique ou l’Irlande, les anciennes nations arabes, l’Angleterre aussi quand elle s’oublie. D’autres se regardent un peu moins dans la glace, comme les Suisses ou les Allemands... Le contact passe assez mal avec ces derniers.

Jusqu’à un certain point, la critique renforce celui qui est critiqué. Jusqu’à un certain point car, lorsqu’il n’y a plus de ressort, la critique ne fait plus qu’écraser. C’est un peu ce que l’on voit en ce moment. On se demande comment les Français arrivent à se réveiller le matin après les critiques que leur envoie quelqu’un comme Nicolas Baverez. Le critique est merveilleusement mis en scène sous les traits de Louis Jouvet dans le dessin animé Ratatouille, mais on en voit partout dans nos médias.

Une passion française, cette critique, qui explique sans doute en partie la Révolution française, puis la contre-Révolution. Peut-on en guérir ? Comme toute passion, difficile de s’en passer tant qu’on n’y est pas obligé. Et, il faut le reconnaître, notre pays ne va pas suffisamment mal pour changer sur ce point.

Pourtant, abandonner cet esprit critique nous ferait du bien de temps en temps, nous donnerait un peu de sérénité. Alors essayons de circonscrire vraiment ce qui ne va pas chez nous et qui peut, si on insiste vraiment, nous perdre :

- l’intellectualisme des élites ? Bien sûr, il conduit à un manque de simplicité et de réalisme, on le voit particulièrement à l’oeuvre dans nos organisations administratives totalement inefficaces. Cela existe à peu près partout, par exemple aux Etats-Unis ;

- le manque de dignité des bourgeoisies, plus fières de faire la forte tête dans le style du bien-aimé Florent Pagny que de reconnaître la valeur du travail, d’enseigner aux enfants à se battre contre leurs propres faiblesses pour le bien collectif ? C’est un syndrome "nouveau riche" bien naturel (la France est un pays riche depuis les années 1960 à peine, on parlait alors de miracle français !) ;

- la passivité étonnante des classes populaires devant les errances des deux précédentes ? A mi-chemin du flegme anglais et d’une lâcheté héritée des époques de terreur célébrées par notre histoire nationale et encore incarnées par les petits tyrans locaux, cette particularité est peut-être la plus étonnante. C’est l’étape qui doit maintenant être franchie : la France pays libre au XXIe siècle ?

Avec Sarkozy, les classes populaires se sont mises à critiquer les élites et les bourgeois avec leurs mots et avec leur vision de la France. Les médias commencent à les entendre, mais il reste encore du chemin avant de s’exprimer vraiment !

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