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Aristote ou Platon, question réglée ?

samedi 19 mars 2011, par comitecic

Les grands philosophes grecs gardent leur empreinte sur la pensée moderne, qu’il s’agisse de Platon, plutôt mathématicien, d’Aristote, plutôt technicien, ou encore des stoïciens, des épicuriens ou des pré-socratiques.

La puissance de leur pensée apparaît bien dans le fait que la science moderne a démontré certaines de leurs idées : Démocrite notamment a eu l’idée de l’atome, et des univers multiples, que la science n’a identifiés ou imaginés qu’au 20e siècle.

Le débat entre Aristote et Platon se retrouve quant à lui périodiquement dans l’histoire des idées : querelle des universaux aux 12e-14e siècles, et depuis le 19e siècle à nouveau querelle des idéalistes, qui ont tendance à penser que les idées sont une structure intérieure à la pensée humaine, et des rationalistes, pour qui l’intelligence humaine interagit avec l’expérience et progresse à tâtons.

Le débat entre les deux pères de la philosophie est réglé si on regarde l’histoire des idées à la lumière de la révélation chrétienne : l’incarnation divine démontre en effet que Dieu est réel, et l’essence de l’homme également, puisqu’elle s’est révélée en Jésus : ce ne sont pas des vues de l’esprit, contrairement à ce que pensait Aristote.

En même temps, les progrès de la science démontrent que l’expérience seule pousse l’homme à préciser peu à peu le contenu des idées. Cette vision tend à retrouver l’intuition d’Aristote, qui décrivait un homme mû par Dieu mais contraint par l’expérience à préciser sans fin sa pensée.

Les premiers chrétiens étaient stoïciens par modestie. Durant le Moyen-Age, ils sont devenus platoniciens car Platon décrit parfaitement la place de l’homme entre les idées et la matière. Saint Thomas a redécouvert dans Aristote la relation personnelle à Dieu, début d’une période d’immense fécondité scientifique qui, si elle oublie son fondement, risque de devenir une effroyable compilation de données sans avenir.

Aujourd’hui, les chrétiens ouvrent d’autres chemins, comme Edith Stein et Jean-Paul II, vers une science plus au service de l’amour entre les hommes. Peut-être Cicéron peut-il servir de référence à ces recherches nouvelles.

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