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Lieux spirituels de la naissance de l’Europe

mardi 10 mai 2011, par comitecic

L’Europe est née dans un traumatisme provoqué, entre le IIIe et le Xe siècle, par les invasions multiples des peuples du Nord, de l’Est et du Sud-Est. Ces invasions n’avaient rien de vraiment nouveau mais elles marquèrent les esprits car Rome avait cru fonder un empire éternel, ce qui est l’illusion de tout empire.

Les invasions eurent finalement raison de cette utopie. Mais l’Europe n’est pas le rêve de reconstituer un empire. La déclaration Schuman renvoie à la volonté fondatrice, au contraire, de créer quelque chose de neuf, qui animait les vainqueurs de l’empire romain.

Parmi les éléments constituants de cette nouveauté, la foi chrétienne, qui trouve refuge en Europe au moment des invasions. Ainsi, l’un des lieux fondateurs de l’Europe est celui, mythique, du monastère San Juan de la Pena, où fut conservé selon la légende le Saint Graal à partir des invasions du IIIe siècle.

L’Europe se présente très tôt comme un nouvel Israël pour les premiers apôtres, Paul et Pierre bien sûr, mais aussi saint Jacques, Marie-Madeleine dans la grotte de la Sainte-Baume. L’Europe accueille aussi la vie monastique, trésor de la foi orientale. On peut encore visiter l’abbaye de Sant’Eutizio, du nom de l’ermite syrien qui, avec les saints Spes et Fiorenzo, forma saint Benoît de Nursie, patron de l’Europe.

La foi chrétienne est garante de la civilisation européenne naissante : sainte Geneviève de Nanterre sauve Paris, saint Boniface abat le chêne de Thor, et saint Adalbert réunit les peuples slaves à l’Europe. La croix de Ruthwell symbolise la substitution de la religion de l’amour à celle de la force. Pourtant, l’empire carolingien croit pouvoir récupérer cet élan libérateur né sur les ruines de Rome. L’humiliation de l’empereur Henri IV à Canossa en 1077 marque l’échec de cette récupération.

Un nouvel empire va naître peu à peu, mais s’appuyant désormais sur les libertés urbaines et sur les libertés nationales : un empire fédéral, qui ne demande aujoud’hui qu’à s’étendre au-delà des anciennes frontières nationales malheureusement ravivées par les populismes et les guerres du XXe siècle.

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