Comité Cicéron

Un changement

dimanche 25 septembre 2011, par comitecic

Ce n’est pas si fréquent, mais le document commun aux syndicats patronaux et à trois syndicats salariés (CFDT, CFTC, CGC) intitulé Approche de la compétitivité française marque un changement.

Patrons et syndicats reconnaissent que la richesse humaine de l’entreprise, qui conditionne sa croissance, peut être limitée par les charges pesant sur les salaires. C’est constater que le financement de notre protection sociale ne convient pas aux défis d’aujourd’hui.

Ce changement est important car longtemps on a entendu en France que notre protection sociale, obligatoire, gérée paritairement, était notre atout dans la mondialisation car elle nous protégeait. Il s’avère qu’en pesant sur les salaires elle limite les marges des entreprises et donc leur capacité à innover, ce qui rejaillit sur le développement des salariés.

Un tel constat est tout à fait nouveau en France. Il a l’avantage de ne pas demander une réforme des dépenses, mais plutôt une réforme des recettes de la sécurité sociale, qui devraient venir des impôts (TVA, impôt sur le revenu).

La réforme des dépenses serait considérée comme à faire dans le dialogue avec les médecins et les assurances, sous contrainte de financement. On s’orienterait vers la prise en charge par la sécurité sociale (solidarité nationale) des dépenses les plus lourdes (mais alors les marges d’économie seraient très réduites).

Pour nous, il vaudrait cependant mieux transférer vers l’assurance privée la sécurité sociale des 50% de Français les plus riches. C’est un pari : la sécurité sociale saura-t-elle mieux maîtriser les coûts de prise en charge des affections de longue durée que ne le feraient des assurances privées ? C’est probable.

Mais les médecins français accepteront-ils un tel système rationné ? Et la recherche médicale française parviendra-t-elle à se développer sans le financement des assurances privées ?

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