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Cinéma : les années 80-90 remake des années 20-30 ?

jeudi 10 novembre 2011, par comitecic

Dans la crise que traverse actuellement le cinéma américain, qui rappelle celle des années 1970 (concurrence de la télévision, recours à la violence et à une rapidité excessive dans le montage pour attirer les spectateurs, faible prise de risque), il est rassurant de se dire que Hollywood a bien réussi à sortir de la crise à la fin des années 1970.

Et cette sortie de crise s’est faite grâce à de véritables auteurs. Grâce aux grands déjà en activité bien sûr : Mike Nichols, Sidney Pollack, Sidney Lumet, Richard Donner. Mais aussi grâce à des nouveaux, dont on a parfois le sentiment qu’ils ont été rendus plus forts de la crise.

Plusieurs de ces nouveaux étaient issus de l’école de Roger Corman : James Cameron, Robert Zemeckis, Ron Howard, Joe Dante. Nous ne citons pas Martin Scorsese ni Francis Ford Coppola ou Jonathan Demme, qui viennent également de cette écurie mais n’ont pas à notre avis le même talent, en tout cas pas le même humour ni le même classicisme.

Paradoxalement, leur cinéma, fortement marqué par les effets spéciaux et le spectaculaire, retrouve à la fois l’ironie et l’authenticité, bref une distance à l’égard de l’illusion, qui avaient caractérisé le cinéma des années 1920 et 1930, avant d’être laissées de côté par les grands génies des années 1940-1950. Ce retour de l’ironie était certainement le meilleur moyen de se libérer des derniers maîtres (Anthony Mann, Delmer Daves, Elia Kazan, Otto Preminger, Stanley Kubrick, Richard Fleischer).

Comme dans les années 20-30, le rôle des producteurs est tout à fait essentiel dans les années 1980-1990 : les plus connus sont les deux magnats Joel Silver, qui lança Richard Donner et Mel Gibson, et Jerry Bruckheimer, qui lança Tony Scott et Tom Cruise.

Une différence importante avec l’avant-deuxième guerre mondiale est que la production de ces génies comprend beaucoup de mauvais films, au milieu desquels quelques grands chefs d’œuvre ressortent comme s’ils étaient le fruit du hasard. Quant aux réalisateurs les plus ambitieux (David Lynch, Gus van Sant), leur succès les conduit trop loin dans l’expérimentation et les coupe de leur public.

Cette époque fut moins riche en comédies, genre vampirisé par la télévision, en westerns, démodés comme le soulignent même les quelques réalisations nostalgiques, et en films de science-fiction (sans doute le seul genre à avoir connu ses plus grands chefs d’œuvre dans les années 1970). Mais l’esprit de ces genres imprègne les films policiers, d’aventure, fantastiques, de guerre, reconstitutions historiques qui sont le meilleur de ces années.

Aux auteurs déjà cités, il faut ajouter de purs produits d’Hollywood : Steven Spielberg, Rob Cohen, John Badham, Barry Sonnenfeld, Martin Campbell, et, plus indépendants : Edward Zwick, George Wilson, Peter Weir, Stephen Sommers. Bien d’autres réalisent des chefs d’oeuvre mais sans avoir la même constance : Michael Mann dans le polar, Clint Eastwood dans le mélodrame, John McTiernan dans le film d’action, Roland Joffé dans le film historique.

Quoi de neuf pour la suite ? L’époustouflant Brett Ratner (réalisateur des Rush Hour, conçus sur le modèle des Arme Fatale), David Slade (Twilight 3) ? Restons attentifs !

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