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La création du monde : pour dépasser les querelles de clocher

lundi 16 décembre 2013, par comitecic

Le récit de la création du monde suscite bien des discussions aux Etats-Unis, depuis que certains courants prônent le retour à la lecture littérale de la Bible. De façon amusante, les scientifiques français s’alarment de cette évolution, qui est pourtant loin de toucher la France.

Personne ne peut ignorer les avancées de la science dans le domaine passionnant de l’origine du monde (qui n’a pas entendu parler du big bang ?) ; en revanche il est sans doute important, également d’un point de vue scientifique, de ne pas réduire l’homme au déterminisme matérialiste. Ne gagnerait-on pas à regarder le récit biblique de la création du monde en distinguant ce qui relève de l’histoire matérielle et ce qui ressort à l’histoire spirituelle ?

S’agissant de la matière, on peut considérer que le récit du déluge est finalement une intuition juste : la vie est bien née des pluies torrentielles qui ont inondé la terre pendant des milliers voire des millions d’années. Ce récit n’est d’ailleurs pas d’origine juive, puisqu’il est probable que la Bible ait été inspirée sur ce point par la mythologie assyro-chaldéenne.

De même, l’Eden, qui ressemble à une forêt luxuriante, est sans doute assez proche du milieu où l’homme apparut. Faisons à cette occasion un sort aux faux débats sur la théorie de l’évolution : il est évident que l’homme est apparu à une époque donnée de l’histoire terrestre, et que cette apparition est le résultat d’une lente évolution. L’homme descend du singe, mais il n’est pas un singe !

Et l’homme se distingue du singe par ses capacités intellectuelles, celles-là mêmes qui sont décrites très justement par la Genèse : l’homme a la capacité de nommer les choses, qui lui donne celle d’élaborer un récit sur ses propres origines. Mais, à la limite, on pourrait penser, comme le font sans doute beaucoup de savants, que l’homme est tout simplement un singe savant.

A la limite : mais ici il s’agit de faire un choix : se contenter de l’approche matérialiste ou bien s’attacher à la dimension spirituelle de l’homme. Et imaginer un instant que la Bible n’est pas en concurrence avec la science, que par bien des aspects elle a contribué à installer dans la culture humaine, précisément en insistant sur la dimension intellectuelle de l’homme.

Prendre en compte cette dimension spirituelle c’est aussi se confronter à une réalité palpable : celle que l’on perçoit en se regardant soi-même. Si nous sommes conscients du péché, ce n’est bien sûr pas parce qu’Adam et Eve ont voulu posséder la connaissance divine, mais parce que nous avons en nous cette volonté infinie dont nous savons qu’elle ne correspond pas à nos capacités intellectuelles.

Si la vie citadine nous est pesante et engendre tant de difficulté dans notre société, ce n’est pas parce que c’est Caïn qui a fondé la première ville, mais parce que l’homme souffre intimement de ne pas produire ce dont il se nourrit. Ce partage des tâches, qui est au cœur de notre économie moderne, n’est pas l’œuvre du péché, mais il est une œuvre de l’homme et, à ce titre, n’a pas la perfection de l’œuvre divine. Aussi, l’homme a besoin de la protection de Dieu pour y trouver le bonheur (Dieu, loin de le maudire, protège Caïn).

Mais, surtout, la vision biblique de la création nous révèle que, à la fin du déluge, c’est-à-dire en réalité quand la vie a commencé, Dieu s’est engagé dans l’alliance avec l’homme, sa créature : par cette alliance l’homme peut avoir la certitude qu’il ne disparaîtra pas avant que Dieu l’ait rétabli dans le jardin d’Eden. C’est ainsi que l’homme peut se livrer en paix à son travail et jouir de ses talents.

Dès lors que nous restons fidèles à Dieu, notre vie devient ce qu’elle est réellement, et que notre orgueil, souvent, nous interdit de savourer. A notre connaissance, il n’existe pas d’équivalent de l’expérience de vraie vie proposée par la Genèse : la proximité avec Dieu est le lieu de la liberté intégrale de l’homme, dans son corps (indifférence au confort), dans son intelligence (règne sur la nature), et dans sa spiritualité (perception de l’amour attentif de Dieu).

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