Comité Cicéron
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Faut-il arrêter de parler du libéralisme en France ?

samedi 4 juillet 2015, par comitecic

Tentative de réponse à un article de Damien Theillier publié dans La Tribune.

Le libéralisme n’est pas le socialisme mais le socialisme est la conséquence imprévue du libéralisme. L’implantation catastrophique du socialisme en Europe puis dans les pays en développement est le résultat de l’erreur des libéraux qui ont pensé que leur vision suffirait à pourvoir au bien de tous.

Le libéralisme peut être critiqué historiquement pour cette responsabilité, qu’il ne peut qu’assumer, dans l’expansion du socialisme, mais aussi car il est basé sur une contradiction intrinsèque : le marché est une réalité qui se vit et se construit, il n’est pas un système. On en parle d’ailleurs très peu dans les pays qui sont sortis du socialisme (Etats-Unis, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas).

C’est la force du marché que d’être fondé sur la réalité de l’homme à un moment de son histoire. Et là où les marchés se sont réellement construits, ils sont peut-être la plus belle oeuvre de l’homme. Mais la propriété et la liberté intérieure de l’homme qu’ils requièrent ne sont en rien l’oeuvre du libéralisme : ils ont été prêchés par l’église et par les royautés chrétiennes depuis leur origine.

Les grandes personnalités que l’on qualifie de libéraux sont en réalité des inventeurs d’outils pour le marché, à la disposition de ceux qui peuvent les utiliser. C’est bien mais hélas pour tenir une société unie il faut bien autre chose et si on ne dit pas quoi on a les mauvaises réponses du socialisme. En y réfléchissant on se rend compte que ce "quoi" ne peut être autre que les actions de générosité et d’amour du prochain demandées par l’Eglise.

Faisons le deuil du terme libéralisme, ne serait-ce que pour mettre fin au socialisme. Et gardons au fond de nous-mêmes l’exigence chrétienne de faire le bien de son prochain comme on fait son propre bien, et l’objectif du marché que le juste prix récompense les services en proportion de leur utilité réelle. Pour notre part nous croyons que le deuxième ne sera pas atteint sans la première.

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