Comité Cicéron
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Une révolte pour le bien commun

mercredi 19 avril 2017, par comitecic

« Le jour où le crime se pare des dépouilles de l’innocence, par un curieux renversement qui est propre à notre temps, c’est l’innocence qui est sommée de fournir des justifications. », écrivait Albert Camus au début de « L’Homme révolté » (1951).

Révoltons-nous contre nos conservatismes

Il n’est pas possible de nier un sentiment d’absurde devant la situation économique de notre pays : deux fois plus riche qu’au début de la crise pétrolière, avec un niveau de dépenses sociales plus élevé que dans les autres pays et des dispositifs de protection des salariés très avancés, l’économie française est pourtant touchée par un chômage structurel et un niveau de dette public élevés.
Face à l’absurde, Albert Camus dénonçait la tentation de tomber dans l’idéologie qui consiste à désigner « l’autre » comme responsable de cette situation : l’immigré, le financier, le patron, le politique ou le syndicat. La révolte ne doit pas se perdre dans une « seconde révolution française ».
La révolte nous pousse à chercher les causes de la crise au-delà des apparences et des habitudes jusqu’en nous-mêmes : ne sommes-nous pas trop attachés à une certaine vision de la politique qui devrait apporter les solutions à notre place ? à une vision du pouvoir où le chef serait infaillible et digne de la toute-puissance ? à une stabilité qui ne correspond pas à la réalité de l’économie ni à notre capacité à nous adapter ?
Révoltons-nous contre notre peur de l’avenir qui nous conduit à sécuriser les situations acquises au détriment des autres.

Refusons les mensonges sur les services publics

Les services publics doivent en priorité aider les personnes n’ayant pas de ressources financières, culturelles, à les acquérir pour participer à la vie de la nation. C’est un changement radical en France : c’est le passage d’une vision monopolistique à une vision universelle des services publics.
Pour être universels, c’est-à-dire entretenir un lien entre les différents membres de la société en prenant en compte les plus pauvres, les services publics doivent donner leur place aux initiatives privées, associations et entreprises avec ou sans but lucratif.
Ces initiatives sont plus efficaces que l’Etat dans le traitement des difficultés de notre société. L’éducation, le logement, la protection sociale ne parviennent plus à transformer les plus faibles en citoyens, malgré les moyens financiers et intellectuels considérables qui leur sont alloués. Les monopoles publics empêchent de déployer les initiatives qui apportent des solutions efficaces.
Il ne s’agit pas de promouvoir la concurrence dans les services publics mais de libérer toutes les forces qui peuvent s’y dévouer. C’est le défi de la solidarité. Révoltons-nous pour que l’Etat permette aux initiatives utiles de contribuer pleinement aux services publics, pour créer une vraie solidarité.

Soutenons la responsabilité de la famille

Cette réforme des services publics rendra toute sa place à la famille. La liberté de choisir une école, un logement, une assurance sociale, est le fondement de la responsabilité. Les familles par ce choix prendront leur part dans la réalisation du bien commun.
Le bien commun est prise de conscience que l’épanouissement personnel se fait dans une relation responsable à l’autre. Il faut permettre aux familles d’en faire l’expérience. Il ne s’agit pas de revenir en arrière : la famille aujourd’hui est bouleversée par le puissant individualisme qui se respire jusque dans les campagnes les plus reculées. L’individualisme est un sursaut de révolte, naturel et sain mais qui doit être dépassé si l’on veut que la révolte dure et que la société change en profondeur.
La famille se réinventera dans la participation aux services publics où les parents pourront collectivement apporter à leurs enfants ce dont ils ont besoin. Révoltons nous pour que les familles d’aujourd’hui puissent œuvrer véritablement à la réalisation de chacun, dans la liberté et la responsabilité.

Constituons à nouveau la nation française

La peur devant les responsabilités de la nation a fait autant de mal que la colère nationaliste. On le voit aujourd’hui dans notre société qui ne sait plus remettre ses rebelles dans le droit chemin.
Tout indique pourtant que la nation française est prête à revivre sur de nouvelles bases. Les nombreuses initiatives locales en attestent. Il ne reste plus qu’à les laisser s’épanouir dans les domaines essentiels à la vie de la nation. Les Français y sont prêts.
La comédie de l’angoisse doit cesser : les monopoles publics ne sont pas nécessaires à la nation française. Ils ont traduit la révolte d’une époque. En leur temps ils ont été des avancées. Ils doivent maintenant laisser la place à une nouvelle forme de solidarité, également faite d’engagement personnel, d’exigence pour soi-même et les autres.
La nation française a changé : elle demande seulement à pouvoir s’exprimer telle qu’elle est aujourd’hui, capable de défendre ses intérêts et ses idéaux. Révoltons-nous pour que la France puisse à nouveau vivre librement et prendre ses responsabilités face aux défis de notre époque.

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