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1975-2010 : le nouvel âge d’or du cinéma

lundi 6 janvier 2014, par comitecic

La sortie des Dents de la mer de Steven Spielberg en 1975, suivie du premier épisode de Rocky en 1976 (par John G.Avildsen) et de Star Wars en 1977 (par George Lucas) marquent un renouveau de Hollywood après des années très difficiles caractérisées par des oeuvres violentes et désespérées.

Ce courant, qui se caractérise par la simplicité morale des personnages et du scénario (c’est un vrai défi dans un monde compliqué), une grande exigence dans la réalisation des effets spéciaux et le réalisme du tournage, influencera ou permettra de mettre en lumière de nombreuses oeuvres à travers le monde partageant cette inspiration. On voit ainsi l’émergence de nouvelles nations du cinéma : Australie, Hong Kong, la Corée, un certain renouveau du cinéma européen et une explosion du cinéma pour enfants (films et dessins animés).

Authenticité et technicité vont ensemble dans cet univers nouveau, qui s’inscrit dans la continuité d’un certain cinéma américain, peut-être celui qui imposa le cinéma comme l’un des grands arts du XXe siècle. Les chefs d’œuvre s’enchaînent dans un style qui perdure et n’est pas seulement américain :

- 1976 : Un éléphant, ça trompe énormément d’Yves Robert (Nous irons tous au paradis en 1977),

- 1977 : La fièvre du samedi soir de John Badham,

- 1978 : La danse de l’homme ivre de Jackie Chan,

- 1979 : Mad Max de George Miller (The road warrior en 1981),

- 1980 : L’Empire contre-attaque d’Irvin Kershner,

- 1981 : Les Aventuriers de l’arche perdue de Steven Spielberg (Indiana Jones et la dernière croisade en 1989), La chèvre de Francis Veber,

- 1982 : Dark Crystal de Jim Henson et Frank Oz,

- 1984 : Terminator (Judgement day en 1991), Gremlins de Joe Dante, Electric dreams de Steve Barron,

- 1985 : Retour vers le futur de Robert Zemeckis, Breakfast club de John Hughes, Brazil de Terry Gilliam,

- 1986 : Jumpin’ Jack flash de Lenny Marshall, Les enfants du silence de Randa Haines, Mission de Roland Joffé,

- 1987 : Les sorcières d’Eastwick de George Miller, L’Arme fatale de Richard Donner (le 2e en 1989, le 3e en 1992 et le 4e en 1998), Dirty dancing d’Emile Ardolino,

- 1988 : Le petit diable de Roberto Benigni, Bird de Clint Eastwood, Die Hard de John McTiernan (le 2e par Renny Harlin en 1990), La vie est un long fleuve tranquille d’Etienne Chatiliez, Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch,

- 1990 : Uranus de Claude Berri, Sailor et Lula de David Lynch, Pretty Woman de Garry Marshall, A la poursuite d’Octobre rouge de John McTiernan, Comme un oiseau sur la branche de John Badham,

- 1991 : Ombres et brouillard de Woody Allen, Kafka de Steven Soderbergh,

- 1992 : Des hommes d’honneur de Rob Reiner,

- 1993 : Jour sans fin de Harold Ramis (Excellente version militaire/ SF en 2014 : Edge of Tomorrow de Doug Liman), La Firme de Sidney Pollack, Les visiteurs de Jean-Marie Poiré, Philadelphia de Jonathan Demme,

- 1994 : Forrest Gump de Robert Zemeckis, Wolf de Mike Nichols,

- 1996 : Mars attacks ! de Tim Burton, Escroc malgré lui de Garry Marshall, Mission : impossible de Brian de Palma, The Truman show de Peter Weir,

- 1997 : Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol, Men in black de Barry Sonnenfeld (le 2e en 2002, le 3e en 2012), Air force One de Wolfgang Petersen, Pour le pire et pour le meilleur de James L.Brooks, Le bossu de Philippe de Broca,

- 1998 : Chat noir, chat blanc d’Emir Kusturica, Le Masque de Zorro de Martin Campbell (La légende de Zorro en 2005), Rush hour de Brett Ratner (le 2e en 2001 et le 3e en 2007), Le dîner de cons de Francis Veber,

- 1999 : La Momie de Stephen Sommers (le Retour de la momie en 2001), Les enfants du marais de Jean Becker,

- 2000 : A la rencontre de Forrester de Gus van Sant,

- 2001 : Mercredi, folle journée de Pascal Thomas, Un homme d’exception de Ron Howard, Le sortilège du scorpion de jade de Woody Allen, Gosford park de Robert Altman, Stalingrad de Jean-Jacques Annaud, Spy game de Tony Scott, Moulin rouge de Baz Luhrmann, Final fantasy de Hironobu Sakaguchi, Braquages de David Mamet,

- 2003 : Le dernier samouraï d’Edward Zwick, La grande séduction de Jean-François Pouliot, Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg,

- 2004 : La passion du Christ de Mel Gibson, Benjamin Gates et le trésor des templiers de Jon Turteltaub (le Livre des secrets en 2007),

- 2005 : Joyeux Noël de Christian Carion, Sophie Scholl de Marc Rothemund,

- 2006 : L’île de Pavel Lounguine, Madame Irma de Didier Bourdon, Camping car de Barry Sonnenfeld,

- 2007 : Ratatouille de Brad Bird (sur un scénario initial de Jan Pinkava), Permis de mariage de Ken Kwapis, August Rush de Kirsten Sheridan, Becoming Jane de Julian Jarrold,

- 2008 : Hancock de Peter Berg, 10 000 de Roland Emmerich, Australia de Baz Luhrmann, Walkyrie de Bryan Singer, Brendan et le secret de Kells de Tomm Moore,

- 2010 : Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, Les chemins de la liberté de Peter Weir.

La saga Rocky Balboa traverse toute cette époque, de même que celle d’Indiana Jones. Toutefois l’avènement du numérique met à mal ce courant, en rompant l’équilibre entre la technique et le scénario : de grosses machines voient le jour, l’authenticité disparaît des derniers volumes de la saga de la Guerre des étoiles.

Autres obstacles à ce courant : la mégalomanie ou l’hyperactivité, qui touchent de grands réalisateurs-producteurs comme James Cameron, John McTiernan, et peut-être Brett Ratner et peuvent leur faire perdre leur profondeur et leur simplicité.

Pour nous, un acteur incarne cette glorieuse époque : Robin Williams, présent dans tous les styles, dans de grosses productions comme dans des productions indépendantes.

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