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Les classes moyennes : un mauvais sujet politique ?

samedi 27 novembre 2010, par comitecic

En France les luttes politiques visent presque toujours la conquête des classes moyennes, qui sont numériquement les plus nombreuses et dont on se dit qu’elles sont "au centre", ou plutôt qu’elles sont "changeantes". Exposées au changement d’opinion car leur situation personnelle serait plus fragile, ce sont aussi elles qui se laissent peut-être le plus influencer par les médias.

Pour conquérir la majorité de ces classes moyennes, la droite jouerait sur la sécurité, la libre entreprise et donc la maîtrise de la fiscalité, et essaierait de diviser la gauche en reprenant l’idéologie écologiste. La gauche jouerait, elle, sur la liberté individuelle (réformes morales concernant la bioéthique et les sujets de société), la sécurité sociale, et donc aussi sur l’écologie.

Dans ce jeu de séduction, la forme jouerait un rôle au moins aussi important que le fond, à travers la capacité à mettre de son côté les responsables des médias et, de manière plus relative mais sensible, des petits courants centristes. Les médias, comme le centre, incarneraient au plus haut point cette sensibilité moyenne, plutôt inquiète car toujours à la limite de la déception personnelle, attachant un grand prix au confort matériel perçu comme pouvant lui échapper, bref lancée dans une fuite en avant.

Pour un dirigeant en place, la somme des satisfactions ou déceptions individuelles des personnes de cette classe moyenne, reflétant la somme des bonnes et des mauvaises décisions, trancherait son destin.

Une telle vision, très démagogique, de la démocratie est en partie dépassée, et heureusement car elle condamnerait tout réformiste mettant l’accent sur le travail et l’effort. En témoignent la montée des extrêmes, même dans les classes moyennes, la remise en cause par l’opinion des grands médias, et la volonté de soumettre nos élites au même régime que la majorité de la population.

Une grande partie du scrutin des classes moyennes semble maintenant aller vers ceux qui savent dépasser l’ancienne vision de la politique fondée sur la classe moyenne sans tomber dans l’extrémisme. Faute de donner l’envie à un grand nombre de rompre avec cette idéologie des classes moyennes, on s’expose à retomber dans l’ancien régime démagogique.

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