Comité Cicéron
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La France sans Nicolas Sarkozy...

lundi 28 mai 2012, par comitecic

La défaite de Nicolas Sarkozy a certainement surpris les observateurs étrangers que le mandat de Nicolas Sarkozy avait à nouveau intéressés à la France. Nul n’est prophète en son pays, et les réformes inouïes réalisées au pas de charge pendant ces cinq années, ont redonné ses chances à la France sur la scène internationale.

Avec son discours du 30 juillet 2010 à Grenoble, qui lançait un nouveau durcissement du code de la nationalité, du code pénal, de la lutte contre l’immigration illégale (les "Roms"), et annonçait la suspension des allocations familiales pour les parents d’enfants absents de l’école, ainsi que le remplacement d’un énarque par un policier comme préfet de l’Isère, Nicolas Sarkozy avait atteint le sommet de son action et, espérons-le, engagé un mouvement irréversible.

De même que les grandes erreurs des années 1981-1984 ont marqué durablement la vie politique française (décentralisation coûteuse, nationalisations à contre-sens de l’Histoire, libéralisation à tout crin de la finance au détriment de l’industrie, valorisation elle aussi incongrue du temps libre), ces avancées en faveur de la sécurité, tout comme celles acquises en matière de maîtrise des dépenses de l’Etat et de retraite, ainsi qu’en faveur de l’investissement dans la recherche et développement et de la coopération entre grandes entreprises et PME, produiront des effets bien au-delà du mandat de leur auteur.

La France n’était peut-être pas prête à aller plus loin. En tout cas, les réformes aujourd’hui nécessaires n’ont pas été invitées dans la campagne présidentielle, il est vrai habilement verrouillée par le camp socialiste atour de thèmes sans enjeu, ayant le mérite de créer une illusion de sécurité. La respiration de cinq ans qui est donnée à la droite devrait être l’occasion pour elle de trouver la façon de "vendre" la nouvelle tranche de réformes qui s’impose :

- refonte complète des règles de remboursement et de fonctionnement de l’assurance maladie, concentrant la responsabilité publique sur un certain nombre de secteurs prioritaires,

- refonte non moins profonde du système éducatif sur le modèle de ce qui a été fait au Royaume-Uni, et des innovations scandinaves (choix laissé aux parents de financer des classes publiques ou privées),

- intégration fiscale et économique avec l’Allemagne, développement de la concurrence dans les professions réglementées, limitations apportées aux positions dominantes des grands groupes sur le territoire national, meilleure orientation de la R&D vers les enjeux du marché.

C’est en s’engageant courageusement sur ces dossiers que la droite française se montrera à la hauteur du "miracle Sarkozy".

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