Comité Cicéron
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La France violentée par son propre rêve

dimanche 16 septembre 2012, par comitecic

La politique menée désormais par François Hollande n’est ni plus ni moins l’application, au niveau national, des recettes que les socialistes ont appliquée au niveau local depuis plusieurs années.

"A votre arrivée, augmentez beaucoup les impôts, les électeurs l’auront oublié au moment de l’élection suivante. En attendant, avec l’argent que vous aurez ainsi "gagné", vous créerez des emplois publics et donnerez le sentiment que la collectivité est bien gérée. Avec cela, vous ne pouvez qu’emporter l’élection suivante, sauf accident."

Le problème est que, cette fois, l’accident est la décision elle-même d’augmenter les impôts dans un pays qui en paye déjà beaucoup trop. C’est certainement le prix à payer pour ne pas faire de nouvelle réforme, engagement principal de la campagne présidentielle de François Hollande. Mais c’est le prix fort : ces impôts se traduiront en défaillances d’entreprises, chômage et réduction insuffisante des déficits publics.

On peut espérer un revirement dans quelques mois, comme l’ont toujours fait les socialistes français depuis les années 1920. La seule vertu d’une politique si brutale est de montrer, dans sa vraie nature, l’imposture de plusieurs années de socialisme local.

Ce contre-sens historique fait par Hollande, cette ultime violence faite à notre pays, ne mettront peut-être pas la France à genoux, grâce au formidable courant de réforme mené depuis 10 ans. Mais dans ce drame inutile, notre pays montre une fois de plus son inconstance et, peut-être son incapacité à revenir à la hauteur de son histoire.

C’est, espérons-le, la dernière manifestation de ce libéralisme paradoxal qui mine la France depuis 1968 et lui fait payer cher son refus d’assumer l’autorité de l’Etat, et les renoncements qu’impose la modernité. Peut-être en sortira-t-il enfin la prise de conscience que le seul héritier digne de De Gaulle était Nicolas Sarkozy.

Comme de Gaulle, Nicolas Sarkozy a réintroduit dans le débat politique français les valeurs conservatrices, fondées sur la sécurité, la foi, la responsabilité. Comme lui, il a su trahir ses propres soutiens dans les élites pour imposer des réformes majeures pour l’efficacité de l’action publique (réforme de la justice, des institutions, des collectivités locales, de l’enseignement supérieur, du pilotage de la recherche).

Il a démontré que le débat libéralisme/ socialisme était en réalité un débat interne à la gauche française car il y a une alternative : le conservatisme, c’est-à-dire le courage de ne garder de la modernité que ce qui est porteur d’avenir - et d’en écarter ce qui est satisfaction immédiate.

Peut-être François Hollande lui-même a-t-il conscience de ce travail de géant. Peut-être est-ce même ce qui explique qu’il essaie de montrer sa force en assommant la France sous les taxes et en promettant d’impossibles réductions des dépenses de l’Etat (alors que c’est la sécurité sociale et les collectivités qui peuvent seules réaliser d’importantes économies).

Vaine démonstration de force de celui qui a prétendu que Nicolas Sarkozy avait maltraité la France : François Hollande, lu,i va bien plus loin, certes, mais ce n’est pas de la force qu’il démontre, c’est son contraire : la violence du faible, pour ne pas dire de l’envieux.

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