Comité Cicéron
Accueil du site > Chroniques diverses > La crise économique 2008-2009 > Les bulles, les crises : le conformisme

Les bulles, les crises : le conformisme

samedi 17 janvier 2009, par comitecic

(17 janvier 2009) La crise ne changera pas le monde : il est à la mode aujourd’hui de vanter l’intervention de l’Etat et l’écologie comme il était à la mode hier de les dénigrer ; les fameux traders sont à l’inverse mis au pilori après avoir été portés au pinacle : à qui le tour ensuite : les cabinets de conseil, les assureurs ? Ils le mériteraient bien aussi.

Mais qui parle de revoir la convention collective du secteur bancaire autrement qu’avec des hausses de salaires (encore +3,5% en 2009) ? Et qui est prêt réellement à prendre son vélo pour aller jusqu’à la gare la plus proche au lieu de sa voiture ?

Notre monde restera dominé par le conformisme qui est la cause de toutes les bulles et de toues les crises : conformisme dans l’enthousiasme et l’aveuglement quand une source de richesse a été découverte, conformisme dans l’inquiétude et la prudence lorsque cette source de richesse se tarit.

Voilà qui n’est pas bien grave : la vertu des crises est de mettre au grand jour des points faibles qu’il fallait se cacher pour protéger la croissance ; elles donnent l’occasion à de nouveaux chemins de croissance de se dévoiler, qui à leur tour auront besoin de ce voile d’optimisme pour se développer, ce qui causera des abus, des erreurs, et ensuite une crise.

Les plus fous dans tout cela sont ceux qui prétendent trouver la solution pour éviter les crises. Ce que l’on voit plutôt, c’est un sang-froid et des méthodes toujours plus forts pour répondre aux crises. Mais vouloir les prévenir est un rêve d’escroc : On nous prédisait la crise à cause du double déficit américain, on nous explique maintenant que la cause est la dérégulation. La vérité est qu’on a cru qu’il n’y aurait plus de crise.

La force de notre civilisation est de nous laisser libres de trouver notre chemin, en s’appuyant sur le progrès technique et sociologique, et sur la conviction que la rançon de la taille d’une entreprise est sa fragilité, la rançon d’une invention la nécessaire spéculation sur son avenir.

On nous expliquera toujours que, cette fois-ci, c’est la bonne, que demain les assureurs auront les solutions, mais au total ce qui sera déterminant pour le dynamisme de notre monde sera le nombre d’individus et d’organisations qui auront su se garder des erreurs collectives et auront poursuivi leur vocation et leurs inventions envers et contre les modes !

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0