Comité Cicéron

Garder l’écologie du populisme

samedi 16 mai 2009, par comitecic

(16 mai 2009)Il y a quelque chose d’ennuyeux dans les discours que l’on entend beaucoup en ce moment : cette tentative permanente de faire peur, de décourager, et au final de se présenter en victime de la folie des autres. La Terre serait en cours de destruction par des prédateurs irrespectueux de leur environnement... La crise serait beaucoup plus grave qu’on le dit, la faute au capitalisme dérégulé de Ronald Reagan et aux salaires trop élevés... des autres.

A qui profite ce genre de discours ? En premier lieu, à ceux qui le tiennent... et se donnent comme victimes et prophètes, n’aspirant pas aux honneurs, mais au seul bien du monde. Mais est-ce agir que de tenir ce langage ? C’est une question au coeur du discours politique, depuis l’aube de la démocratie : peut-on changer le monde par un discours inspirant la peur ?

Deux visions de la politique s’opposent : changer le monde par l’invention technique ou par la morale collective. Cette dernière vision est très présente en Europe, et y explique certainement le succès du socialisme et désormais de l’écologie. Le mot "écologie" résume à lui seul ce mélange d’idéologie et de science, qui marque certes un "progrès" par rapport au socialisme qui mettait la technique au service de la lutte des classes, mais qui conserve une volonté de désigner des coupables.

Doit-on donc s’échiner à obtenir de petits changements de comportement au moyen de très grands discours, lorsque la technique semble avoir trouvé ses limites ? Répondre par la négative semble faire peu de cas de la psychologie : l’homme semble avoir parfois besoin d’une remise en question. Le discours de la morale collective entraîne-t-il cette remise en question ? En tout cas il ouvre la porte à l’idée selon laquelle ce sont les autres, et pas soi-même, qui posent problème. En cela il reste populiste.

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