Comité Cicéron
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Paralysé par la responsabilité

samedi 31 mai 2008, par comitecic

Même pour un écologiste, il y a au moins trois bonne raisons de ne pas saluer l’arrivée dans la Constitution française du principe de précaution (article 5 de la Charte de l’environnement de 2004) :

- il y a tout de même beaucoup de cas d’innovation où on ignore jusqu’aux risques éventuels qui pourraient se produire : et si on ne peut soutenir une innovation simplement du fait qu’on est incapable de prouver qu’elle est sans risque, il y a effectivement blocage injustifié ;

- ensuite, particulièrement en France mais aussi ailleurs, se pose la question pour les décideurs publics de la responsabilité : soit cette responsabilité est assumée, mais alors elle ne doit pas imputer au responsable des causes qu’il ignore ; soit, ce qui est le plus fréquent, les décideurs ont tendance à ne pas assumer, et alors il ne faut pas leur donner des raisons supplémentaires pour ne pas agir ;

- enfin, mais pour adhérer à cette idée il faut croire à la psychologie (comme le Memnon de Voltaire ou le paradoxe des conséquences de Weber), il est fréquent qu’une innovation produise les effets inverses de ceux qui étaient attendus dans les domaines où aucune certitude n’existe : appliqué au principe de précaution, cela conduit à craindre les pires résultats pour la planète si l’on croit pouvoir trier les innovations sur des critères qui ne sont pas maîtrisés.

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